« Toutes riaient, joyeuses de son embarras ; croyant qu’on s’en moquait, il s’enfuit ; et, comme Frédéric avait l’argent, Deslauriers fut bien obligé de le suivre.
On les vit sortir. Cela fit une histoire qui n’était pas oubliée trois ans après.
Ils se la contèrent prolixement, chacun complétant les souvenirs de l’autre ; et, quand ils eurent fini :
– C’est là ce que nous avons eu de meilleur ! dit Frédéric.
– Oui, peut-être bien ? C’est là ce que nous avons eu de meilleur ! dit Deslauriers. » (Gustave Flaubert, L’Éducation sentimentale, 1869)
Le lundi 9 février 2026, la Conférence du stage des avocats au Conseil d’État et à la Cour de cassation s’est réunie sous la présidence de M. Régis Froger, Président désigné de l’Ordre des Avocats au Conseil d’État et à la Cour de cassation, assisté de Mme Julia Rechtman, M. Esteban Renaud, M. Stanislas Julien-Steffens et M. Ruben Izraelewicz, secrétaires.
La question à débattre était la suivante :
« La pénalisation de l’achat de services sexuels viole-t-elle le droit au respect de la vie privée des travailleuses et travailleurs du sexe ? »
Mme Lou Bonkowski, Mme Zoé Dogbeavou et Mme Imene Jaafar, respectivement première, deuxième et troisième demanderesse, se sont prononcées par l’affirmative.
Mme Ada Başar, défenderesse, s’est prononcée par la négative.
M. Nathan Kohn et M. Thibault Cadet, respectivement premier et second ministère public, se sont prononcés par la négative.
La Conférence, après le rapport de M. Ruben Izraelewicz, quatrième secrétaire, s’est prononcée par l’affirmative par 12 voix contre 11, désapprouvant ainsi la solution consacrée par la Cour européenne des droits de l’homme le 25 juillet 2024 (requête n° 63664/19).
Illustration : Edvard Munch, Noël au bordel, 1904.
Douzième séance du premier tour – lundi 9 février 2026
